J'ai testé pour vous
Une semaine pour expérimenter une habitude ou un mode de travail
Les réunions sont-elles un fléau pour les entreprises ? Ne me dites pas que vous n’avez jamais soupiré en voyant votre agenda envahi de créneaux "point rapide" qui s’éternisent ou de "brainstorming" qui tournent en rond ? Ce fameux collègue qui en vous croisant vous dit « c’est juste pour reboucler rapidement avec toi ».... Et quand l’invitation arrive, surprise, il a prévu 1 heure.
Mais peut-on vraiment s’en passer… totalement ? C’est le pari de la No Meeting Week, une semaine entière sans aucune réunion, pour se concentrer exclusivement sur son travail. L’idée me séduit immédiatement, mais est-elle vraiment réalisable ? Pour le savoir, j’ai donc bloqué une semaine complète dans mon agenda. Spoiler : l’expérience a été plus révélatrice que prévu.
Jour 0 : mauvais départ
Petit problème au démarrage. Je rembobine : quelques jours avant de me lancer dans l’expérience, j’ai évoqué mon envie de tester une semaine sans réunion lors d’une… réunion d’équipe. Au début, mes collègues ont adoré. A coup de « superbe idée » et de « j’en rêve », j’ai eu l’impression d’avoir ouvert une brèche dans laquelle tout le monde voulait s’engouffrer. Comme si j’avais mis des mots sur un tabou collectif que nous n’osions pas aborder.
Et puis, j’ai proposé qu’on le mette en place ensemble. Et là… retour à la réalité. Entre les inquiétudes des unes sur l’avancement de leurs projets, et les routines quasi-immuables des autres, j’ai vite compris que bousculer nos habitudes de travail ne serait pas évident. J’essaie donc d’embarquer les plus motivés dans mon expérience, et je préviens les autres que je ne participerai à aucune réunion.
Jours 1-2 : un sentiment de liberté
Nous sommes donc lundi matin, il est 9 heures. Je jette un œil à mon agenda : il est VIDE. Rien. Pas une seule réunion en vue. Un sentiment étrange m’envahit, mélange d’excitation et d’appréhension. Ai-je oublié quelque chose d’important ? Je culpabilise un peu aussi. Si quelqu’un voit mon planning, que va-t-il penser ?
Petit à petit, je me plonge dans mes dossiers. Et là, première révélation : j’ai l’impression d’avancer trois fois plus vite que d’habitude. Pas d’interruption, pas de discussion inutile. Je rentre en mode deep work sans même m’en rendre compte.
Mardi, je ressens cependant un léger manque : certaines décisions nécessitent d’échanger avec mes collègues, et mon expérimentation me pousse à tout traiter par email ou messagerie. Résultat : les notifs sur Teams s’accumulent et ma boite mail se remplit plus vite que d’habitude. Voici donc les premières répercussions de ma No Meeting Week.
Jours 3-4-5 : ça roule et ça coince
De mercredi à vendredi, je suis globalement dans un bon rythme. Loin du découpage en micro-tâches imposé par les réunions habituelles, j’ai le luxe de travailler en continu sur des sujets de fond.
Jeudi, un dossier important nécessite un alignement rapide avec plusieurs collègues. D’habitude, on aurait réglé ça en 15 minutes de réunion. Là, le mode asynchrone que je leur impose a rallongé la prise de décision sur toute la journée. Autre difficulté : un collègue, plus à l’aise à l’oral qu’à l’écrit (pour imposer ses arguments, tmtc) préfère botter en touche et attendre une réunion pour se prononcer.
Bilan du test
Globalement, cette No Meeting Week me donne l’impression d’avoir boosté mon efficacité. Je ne sais pas si la sensation est décuplée du fait du changement, mais le simple fait d’avoir pu enfin avancer sur tâches de fond m’apporte satisfaction. J’ai raté quelques infos, mais je me suis mis à jour avec les comptes rendus de réunion. J’ai gagné en concentration, mais j’ai aussi raté des moments d’équipe.
Le véritable enjeu m’apparait donc comme étant le cadrage. Avouons-le, certains meetings peuvent être traités en un mail. D’autres peuvent être réduis à 15 minutes au lieu d’une heure. Au global, c’est une expérience que je recommande, et voici quelques conseils si vous voulez la tenter :
- Prévenez vos collègues et adaptez vos modes de communication. Certaines discussions devront se faire en asynchrone : pour éviter les couacs, assurez-vous que tout le monde soit informé et aligné.
- Fixez vos propres règles, car pas de réunion ne signifie pas aucune communication. Des messages précis vous éviterons des échanges interminables.
- Évitez le "tout-email" ! Un outil de gestion de projet bien organisé peut être plus efficace, alors appuyez-vous sur vos outils collaboratifs. Oui, il est temps d’apprendre à les utiliser 😄
- Si une semaine complète sans réunions vous semble incompatible avec votre agenda, commencez par une journée par semaine. En complément, réévaluez la pertinence de votre présence sur chaque sollicitation.
Cette semaine sans réunion m’a libéré du temps précieux, mais elle m’a aussi montré que nos fameuses « réus » ne sont pas le problème en soi : c’est la mauvaise gestion ou les habitudes qui nous font perdre du temps. La bonne approche n’est pas de tout supprimer, mais de réapprendre à bien les organiser. Et vous, prêt à repenser votre relation aux réunions ?

Blogueur RH
Hadrien explore les dynamiques du quotidien pro avec un regard affûté et une plume sans détour. Il s’intéresse avant tout à l’expérience vécue en…
J'ai testé pour vous
Et si on continuait à tester ensemble d’autres façons de travailler ? Quelque chose me dit que je ne suis pas seul à avoir envie d’expérimenter, concrètement ! Rendez-vous dans une prochaine chronique pour une nouvelle plongée au cœur du monde professionnel. Je partage avec vous mes expériences, mes émotions et mon analyse.