Retour

  10 mins

 

Article - Congés et absences

Tout savoir sur le congé de présence parentale

Explication complète du congé de présence parentale, de ses conditions d'octroi, et des droits des salariés concernés pour s'occuper d'un enfant gravement malade.

Le congé de présence parentale permet aux parents de s'absenter de leur travail pour s'occuper d'un enfant gravement malade, accidenté ou handicapé nécessitant une présence soutenue. Disponible pour les salariés du privé comme pour les agents publics, ce dispositif offre une réserve de 310 jours de congés sur 3 ans. Sans condition d'ancienneté, il s'accompagne d'une allocation journalière (AJPP) versée par la CAF pour compenser la perte de revenu.

Quelles sont les conditions pour prendre un congé de présence parentale ?

Critères d'éligibilité pour les salariés du privé

Les salariés du secteur privé peuvent accéder à ce dispositif quel que soit leur type de contrat : CDI, CDD ou intérim. La seule obligation consiste à fournir un certificat médical attestant de la gravité de la situation de l'enfant à charge de moins de 20 ans.

La demande s'effectue par lettre recommandée avec accusé de réception auprès de l'employeur, au minimum 15 jours avant la date souhaitée de début du congé. 

Spécificités pour les agents de la fonction publique

La position d'activité reste maintenue pendant toute la durée du congé. Un avantage notable : les droits à avancement et à la formation continuent de s'accumuler normalement. Le temps passé en congé compte également pour la retraite, avec une limite maximale de 3 ans par enfant.

Situations concernant l'enfant malade ou handicapé

Pour bénéficier de ce dispositif, l'état de santé de l'enfant de moins de 20 ans doit présenter une particulière gravité. La pathologie peut prendre différentes formes : cancer nécessitant une chimiothérapie, traumatisme sévère suite à un accident, ou handicap requérant des adaptations majeures du quotidien.

Le diagnostic médical doit mettre en évidence le besoin d'une surveillance constante. Par exemple, un adolescent diabétique instable avec des complications sévères pourrait justifier cette prise en charge parentale renforcée.

La CAF exige une évaluation détaillée du médecin traitant précisant la nature exacte des interventions parentales nécessaires : administration de traitements complexes, séances de rééducation quotidiennes, ou surveillance nocturne régulière.

Absence de condition d'ancienneté requise

La flexibilité d'accès au congé de présence parentale constitue l'un de ses atouts majeurs. Contrairement à d'autres types de congés, aucune durée minimale de service n'est exigée pour en bénéficier. Un parent embauché depuis seulement quelques semaines peut faire valoir ce droit dès lors que l'état de santé de son enfant le justifie.

Le caractère immédiat de cette disposition permet une réactivité optimale face aux situations d'urgence. Par exemple, un salarié nouvellement recruté dont l'enfant est victime d'un accident peut activer ce dispositif sans délai administratif lié à l'ancienneté.

Comment demander un congé de présence parentale ?

Rédaction de la lettre de demande à l'employeur

La rédaction de votre demande nécessite des éléments clés pour être valide. 

Le corps du courrier doit préciser la date de début souhaitée et la durée prévisionnelle du congé. N'oubliez pas de faire référence à l'article L1225-62 du Code du travail qui encadre ce dispositif.

Adoptez un ton professionnel tout en restant factuel : exposez la situation médicale de votre enfant sans entrer dans les détails personnels. 

La transmission en main propre contre décharge représente une alternative à l'envoi postal recommandé, garantissant la même valeur juridique.

Obtention du certificat médical nécessaire

La première étape consiste à prendre rendez-vous avec le médecin qui suit régulièrement votre enfant. Ce professionnel de santé connaît déjà son dossier médical et pourra évaluer précisément ses besoins.

Le justificatif médical doit détailler la durée prévisible du traitement et démontrer la nécessité d'une présence constante à ses côtés. Le praticien précisera la nature des soins contraignants à prodiguer quotidiennement. Une copie supplémentaire peut s'avérer utile pour vos archives personnelles.

Délais à respecter pour la demande

La demande écrite doit parvenir à votre employeur au minimum 15 jours avant le début souhaité du congé. Cette règle ne s'applique pas lors d'une dégradation soudaine de la santé de votre enfant : dans ce cas, le congé peut débuter immédiatement.

Pour chaque prise de congé ultérieure, prévenez votre responsable 48 heures à l'avance. Cette notification permet d'organiser la continuité du service.

Durée et organisation du congé parental

Période maximale et jours utilisables

Les parents bénéficient d'une réserve de 310 jours ouvrés à répartir sur une fenêtre maximale de 3 ans. Cette période débute dès le premier jour d'absence et s'adapte aux besoins de l'enfant.

Un avantage majeur réside dans la souplesse d'utilisation : les journées peuvent être prises en une seule fois ou fractionnées selon les nécessités médicales. Le quota mensuel ne doit pas dépasser 22 jours par mois.

La réserve de jours peut être renouvelée avant même la fin des 3 ans si l'intégralité des jours a été consommée. Ce renouvellement double alors le crédit initial, permettant d'atteindre 620 jours au total pour un même enfant.

Possibilités de fractionnement en demi-journée

La souplesse d'organisation permet aux parents d'adapter leurs absences selon les besoins médicaux de leur enfant. Pour transformer une journée en deux demi-journées, une simple demande écrite suffit auprès de l'employeur, 48 heures avant la date souhaitée.

Cette flexibilité s'avère particulièrement utile pour accompagner un enfant à ses rendez-vous médicaux réguliers. Par exemple, un parent peut s'absenter uniquement les matinées pour les séances de rééducation, tout en maintenant son activité professionnelle l'après-midi.

Options de travail à temps partiel

La transformation du congé de présence parentale en activité à temps partiel représente une alternative adaptable aux besoins des familles. Cette formule exige un minimum de 16 heures hebdomadaires pour maintenir un lien professionnel tout en restant disponible pour son enfant.

Un avenant au contrat formalise cette modification temporaire, détaillant la nouvelle répartition des horaires de travail. La rémunération s'ajuste proportionnellement aux heures effectuées, tandis que l'allocation journalière reste accessible pour les périodes non travaillées.

Le passage à temps partiel nécessite l'accord préalable de l'employeur. Une fois validé, ce changement peut s'appliquer sur toute la durée du congé ou alterner avec des périodes d'arrêt complet selon les exigences liées aux soins médicaux de l'enfant.

Comment est rémunéré le congé de présence parentale ?

Calcul du montant de l'AJPP

La revalorisation du 1er janvier 2025 fixe le montant journalier de l'AJPP à 65,80 euros pour une journée complète et 32,90 euros pour une demi-journée. Cette aide financière reste limitée à 22 jours par mois.

Conditions d'attribution par la CAF

Pour accéder à l'AJPP, votre dossier doit répondre à des critères d'éligibilité précis. La CAF examine votre situation familiale et professionnelle : vous devez justifier d'une activité salariée ou assimilée, et prouver la charge effective de l'enfant malade.

Un certificat médical détaillé constitue la pièce maîtresse de votre demande. Ce document, établi par le médecin traitant, doit expliciter la nécessité d'un accompagnement continu et de soins contraignants auprès de l'enfant.

La demande s'effectue via le formulaire Cerfa n°12666*03, accompagné des justificatifs professionnels attestant la réduction ou l'arrêt de votre activité. 

Cumul avec d'autres prestations sociales

L'AJPP peut se cumuler avec plusieurs prestations familiales comme les allocations familiales, le complément familial et l'allocation de soutien familial. La prime à la naissance ou à l'adoption reste également compatible.

Un parent ne peut cependant pas recevoir simultanément l'AJPP et les indemnités liées aux congés de maternité, paternité ou adoption. Le cumul s'avère aussi impossible avec l'allocation aux adultes handicapés et la prestation de compensation du handicap.

Les allocations chômage suivent une règle particulière : leur versement se suspend uniquement pendant les jours de présence parentale. Cette flexibilité permet aux demandeurs d'emploi d'alterner entre les deux dispositifs selon leurs besoins.

Droits et protection du salarié

Maintien du contrat de travail

Durant le congé de présence parentale, votre contrat de travail reste actif mais sous forme suspendue. Cette protection renforcée vous garantit une sécurité professionnelle : l'employeur ne peut pas rompre votre contrat pendant cette période, sauf en cas de faute grave.

La loi du 19 juillet 2023 renforce vos droits en étendant cette protection aux périodes travaillées lorsque le congé se prend de façon fractionnée. Seuls deux motifs autorisent un licenciement : une faute grave de votre part ou une impossibilité de maintenir le contrat pour une raison étrangère à la situation de votre enfant.

Les avantages sociaux perdurent pendant le congé : vous conservez vos droits à l'assurance maladie, maternité et invalidité. Votre ancienneté continue également de s'accumuler, un atout précieux pour votre évolution professionnelle.

Conservation des avantages acquis

La période du congé de présence parentale préserve l'ensemble des droits à la formation acquis avant le début de l'absence. Le Compte Personnel de Formation continue notamment d'être alimenté selon les règles habituelles.

La participation aux entretiens professionnels peut être conservée pendant la durée du congé : cette opportunité permet au salarié de maintenir un dialogue constructif sur son évolution de carrière et ses perspectives d'avancement.

Garanties au retour dans l'entreprise

La loi assure au salarié de retrouver son poste initial ou un emploi similaire à son retour. Cette garantie s'accompagne d'une rémunération au moins équivalente à celle perçue avant le départ.

Le retour peut s'organiser autour d'un entretien personnalisé : cette rencontre permet d'aborder la reprise d'activité et les éventuels aménagements nécessaires, comme l'adaptation des horaires aux rendez-vous médicaux de l'enfant.

La réintégration progressive est possible. Sur accord mutuel, le salarié peut demander reprendre son activité graduellement sur quelques semaines pour faciliter la transition. Par exemple, un commercial peut commencer par gérer uniquement son portefeuille historique avant de reprendre la prospection de nouveaux clients.

Procédure de renouvellement du congé

Conditions pour prolonger le dispositif

La prolongation exceptionnelle du congé de présence parentale devient accessible avant même la fin des 3 ans réglementaires. 

La durée maximale peut s'étendre jusqu'à 620 jours sur 6 ans pour un même enfant. Cette extension du crédit initials'applique en cas de rechute ou d'une récidive de la pathologie. 

Démarches auprès de l'employeur

Pour renouveler votre congé, transmettez votre demande par lettre recommandée avec accusé de réception à votre employeur. Le courrier doit mentionner la date de début souhaitée et préciser si vous optez pour un temps partiel ou un arrêt complet.

Depuis le 5 février 2024, la procédure s'est simplifiée. Joignez uniquement le certificat établi par le médecin de votre enfant attestant la nécessité de votre présence. L'avis du service médical de la CAF n'est plus requis.

Prévoyez d'envoyer votre dossier complet au minimum 15 jours avant la date de renouvellement souhaitée. 

Justificatifs médicaux à fournir

Le document médical détaillé doit préciser la pathologie exacte de l'enfant et décrire les soins contraignants nécessitant votre présence. Cette attestation médicale sera transmise sous pli confidentiel au service de contrôle de votre CAF.

Un exemplaire supplémentaire sera remis à votre employeur. Ce document spécifie uniquement la durée prévisionnelle du traitement, sans mentionner les détails confidentiels de santé.

Pour les familles relevant du régime agricole MSA, le protocole reste similaire. La seule différence réside dans l'organisme destinataire : les justificatifs sont à adresser au médecin conseil de la MSA plutôt qu'à la CAF.

Spécificités selon le statut professionnel

Règles pour les fonctionnaires

Les agents de la fonction publique bénéficient d'une protection renforcée durant leur congé de présence parentale. La période compte comme service effectif pour l'avancement et la retraite. Un avantage notable : les droits à formation continuent de s'accumuler pendant l'absence.

L'administration garantit le maintien du poste pendant toute la durée du congé. 

La réintégration anticipée est possible sur simple demande écrite. Par exemple, un enseignant peut choisir de revenir avant la fin prévue du congé si l'état de santé de son enfant s'améliore significativement.

Cas des salariés du secteur privé

Les collaborateurs du secteur privé bénéficient d'une protection contre le licenciement pendant toute la durée du congé de présence parentale

Le cadre légal prévoit un préavis de 48 heures minimum pour prévenir l'employeur avant chaque absence. Une souplesse appréciable pour s'adapter aux rendez-vous médicaux imprévus ou aux urgences.

L'entreprise doit garantir la conservation des droits acquis avant le congé : mutuelles, primes d'ancienneté et autres avantages conventionnels restent actifs. 

Aspects financiers et rémunération

Impact sur le salaire et les congés payés

Des organismes comme le CGOS accordent 20 € supplémentaires par jour d'absence aux agents hospitaliers. 

Conséquences sur la retraite

La période de congé de présence parentale s'intègre dans le calcul de vos droits à la retraite grâce à l'assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF). Cette affiliation automatique par la CAF garantit la validation de vos trimestres sans condition d'âge ni de ressources.

Pour les salariés du privé, chaque période de 90 jours compte comme un trimestre validé.

Les fonctionnaires profitent d'un système spécifique : la durée du congé compte comme service effectif, dans la limite de 3 ans par enfant né après 2004. Cette période peut bonifier le calcul de leur pension de retraite.

Fin du congé et reprise d'activité

Modalités de retour au travail

La réintégration professionnelle s'anticipe idéalement un mois avant la date de reprise. Une lettre adressée à votre employeur permet de formaliser votre souhait de retrouver votre poste.

Un entretien avec votre responsable hiérarchique facilite la transition. Cette rencontre permet d'aborder l'organisation de votre retour : mise à jour sur les changements survenus dans l'équipe, nouveaux projets ou évolutions des missions.

La reprise peut s'effectuer de manière progressive grâce au temps partiel thérapeutique. Cette option nécessite l'aval du médecin du travail lors de la visite de reprise obligatoire. Par exemple, un retour sur 3 jours par semaine pendant le premier mois aide à retrouver progressivement le rythme professionnel.

Garanties professionnelles

La loi encadre strictement la réintégration du salarié après un congé de présence parentale. Le maintien de la rémunération antérieure constitue un droit fondamental. Aucune modification substantielle du contrat ne peut être imposée sans accord écrit.

Les opportunités d'évolution restent accessibles : formations, promotions et mobilités doivent être proposées dans les mêmes conditions qu'avant l'absence. La participation aux entretiens annuels d'évaluation demeure garantie.

Options en cas de besoin prolongé

Le renouvellement exceptionnel du congé devient accessible sans attendre la fin des trois ans réglementaires. Cette mesure s'applique notamment lors d'une rechute ou d'une aggravation de la pathologie de l'enfant.

Un nouveau document médical suffit désormais pour prolonger le dispositif, sans validation préalable du service médical de la CAF. Cette simplification administrative facilite grandement les démarches des familles dans l'urgence.

Team Eurécia

Contributeurs timides, les billets signés de la rédaction sont tous écrits avec passion !