Comment créer une facture électronique : la méthode étape par étape

Avec la réforme française, la facture électronique doit respecter un format autorisé, intégrer des données structurées et transiter par une plateforme agréée [1]. Voici la marche à suivre, de la vente réalisée jusqu’au contrôle de la transmission.

Sommaire

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Guide de la facturation électronique 

Avant de créer la facture, identifiez le type d’opération

Commencez par quatre questions simples : qui est le client, dans quel pays est-il établi, quel est son statut au regard de la TVA et quelle est la nature de l’opération ? Les réponses déterminent le circuit à utiliser. Elles évitent aussi de choisir un outil séduisant en démonstration, puis de découvrir qu’il gère mal un flux important pour votre activité.

Situation à identifierExempleÀ vérifier en prioritéCircuit concerné
Vente B2B domestiqueEntreprise établie en France et assujettie à la TVAIdentité du client, nature de l’opération, TVA et calendrier selon la taille de l’entrepriseFacturation électronique B2B via une plateforme agréée
Vente à un particulierClient non assujettiNature de la vente et données à transmettre à l’administrationE-reporting ou autre transmission de données selon la situation
Vente à un client étrangerExportation, livraison ou prestation internationalePays, statut du client, territorialité et TVAE-reporting et règles applicables à l’opération
Facture à une entité publiqueAdministration, collectivité ou établissement publicRéférence d’engagement, service destinataire et informations demandéesChorus Pro
Activité mixteClients professionnels français, particuliers et clients étrangersDistinguer les différentes familles de fluxPlusieurs circuits à intégrer dans la même procédure

La facturation électronique concerne les opérations domestiques entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA. Les ventes aux particuliers et les opérations réalisées avec l’étranger relèvent notamment de la transmission de données à l’administration. Si votre activité combine plusieurs types de clients, votre procédure de facturation doit donc prévoir plusieurs parcours [1] [2]. Pour le secteur public, le dépôt et le suivi des factures passent par Chorus Pro.

Il faut également tenir compte du calendrier. À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI doivent aussi en émettre à cette date ; les PME et micro-entreprises ont jusqu’au 1er septembre 2027 pour l’émission [1] [2].

💡Le bon réflexe

Identifiez le client et l’opération avant de choisir l’outil. Ce tri rapide suffit souvent à éviter de confondre facturation électronique, e-reporting et facturation du secteur public.

Formalisez ensuite le résultat dans votre procédure interne. Pour chaque type de vente, indiquez simplement qui prépare la facture, qui la valide, quel outil est utilisé et quel retour permet de confirmer qu’elle a bien été transmise.

Étape 1 : rassembler les informations sur le vendeur, le client et la vente

Une facture fiable repose d’abord sur des données fiables. Pour le vendeur, partez d’un référentiel à jour : identité complète, adresse, numéro d’identification de l’entreprise et numéro de TVA lorsqu’il s’applique. Ces informations doivent être enregistrées une fois, puis vérifiées à chaque changement.

Pour le client, utilisez une fiche validée plutôt qu’un nom recopié depuis un email. Vérifiez la raison sociale, l’adresse, l’adresse de facturation, le SIREN et, selon le cas, le numéro de TVA. Ajoutez l’adresse de livraison si elle est différente et la référence de commande lorsqu’un bon de commande existe. Ces informations servent aussi à adresser correctement la facture dans le circuit électronique [3].

Reliez ensuite la facture à une vente bien identifiée. Devis accepté, contrat, bon de commande, preuve de livraison ou compte rendu de prestation : appuyez-vous sur les documents réellement validés pour reprendre les bons intitulés et les bonnes quantités. S’il existe un écart entre la commande et ce qui a été réalisé, faites-le valider avant la saisie : quantité modifiée, remise ajoutée, acompte déjà versé ou prestation livrée en plusieurs fois.

Précisez enfin la nature de l’opération : vente de biens, prestation de services ou combinaison des deux. Cette information fait partie des données supplémentaires prévues avec la généralisation de la facturation électronique. Le régime de TVA, l’option sur les débits et le statut du client peuvent également modifier les champs ou mentions à renseigner [3].

Étape 2 : vérifier les mentions à faire figurer sur la facture

Pour éviter les oublis, contrôlez les mentions par grandes familles. Cela simplifie la lecture et chaque vérification peut être confiée à la bonne personne.

  • Identités : vendeur, client, adresses et numéros d’identification requis.
  • Références : date d’émission, numéro unique inscrit dans une séquence chronologique continue, date de vente ou de prestation et bon de commande s’il existe.
  • Opération : désignation précise, quantité, prix unitaire hors taxes et réduction acquise liée à la vente.
  • TVA : taux applicable à chaque ligne, exonération ou mention particulière selon la situation, et montant total de la taxe.
  • Montants : total hors taxes, total toutes taxes comprises, acomptes et solde.
  • Paiement : échéance ou délai de paiement, conditions d’escompte, pénalités de retard et indemnité forfaitaire applicable entre professionnels.
  • Données liées au nouveau circuit : SIREN du client, adresse de livraison si elle diffère, catégorie de l’opération et, le cas échéant, option pour la TVA sur les débits.

Le ministère de l’Économie détaille ces différentes mentions et rappelle que certaines ne s’appliquent que dans des cas précis, par exemple en cas de franchise en base ou d’autoliquidation [3]. Votre modèle peut donc prévoir des champs conditionnels, à condition de définir clairement quand ils doivent apparaître.

💡Point de vigilance

Les mentions à afficher varient selon le régime de TVA, le type de client et la nature de l’opération. Avant d’automatiser une règle à partir d’un exemple, faites valider le cas par votre expert-comptable ou votre conseil fiscal.

Ne mélangez pas non plus la TVA facturée à un client et la TVA déductible sur une facture fournisseur : ce sont deux sujets différents. Prévoyez deux contrôles distincts dans votre procédure pour éviter d’appliquer à une facture de vente une règle qui concerne les achats.

💡Distinguer la TVA de vente et la TVA d'achat

Les factures fournisseurs servent notamment à contrôler la TVA déductible. Notre guide consacré au sujet récapitule les conditions à respecter et les justificatifs à vérifier.

Pour terminer, testez votre modèle sur deux exemples réels : une facture simple et un cas particulier déjà rencontré dans l’entreprise. Vous verrez immédiatement quels champs doivent toujours être présents et lesquels ne doivent apparaître que dans certaines situations.

Étape 3 : détailler les lignes et vérifier les totaux

Un bon format ne corrigera jamais une donnée imprécise : commencez par soigner le contenu de la facture.

Chaque ligne doit permettre au client de faire immédiatement le lien avec la commande ou la prestation. Reprenez les mêmes termes que dans le document accepté, puis indiquez la quantité, le prix unitaire hors taxes et le taux de TVA ou le traitement applicable [3].

La précision compte davantage que le format. Une ligne intitulée « accompagnement » reste vague. « Accompagnement au paramétrage - atelier du 12 août 2026 - 3 heures » permet au contraire de comprendre exactement ce qui est facturé, à condition bien sûr que ces éléments correspondent au contrat et à la prestation réalisée.

Contrôlez ensuite les calculs ligne par ligne. La quantité multipliée par le prix unitaire donne le montant hors taxes avant réduction. Les remises acquises et directement liées à l’opération doivent apparaître clairement. Si plusieurs taux de TVA s’appliquent, chaque ligne doit afficher le bon taux. Enfin, le total hors taxes, la TVA et le total toutes taxes comprises doivent correspondre à la somme des lignes [3].

Traitez aussi les acomptes séparément. Reprenez la référence du document déjà émis et vérifiez le solde restant à facturer. Si la prestation est livrée en plusieurs étapes, appliquez la règle prévue au contrat et validée par la comptabilité. Mieux vaut régler ces points avant l’émission que devoir corriger la facture ensuite.

Étape 4 : organiser la validation interne et attribuer le numéro de facture

Mettez en place un circuit de validation adapté à votre organisation. La personne qui suit la vente vérifie le client, la commande, les quantités et la réalisation. La comptabilité contrôle les mentions, la TVA, les totaux et l’échéance. Un responsable habilité autorise ensuite l’émission. Dans une petite structure, une seule personne peut cumuler plusieurs rôles, mais les contrôles effectués doivent rester clairement identifiés.

Le numéro de facture doit être unique et suivre une séquence chronologique continue [3]. Votre procédure doit préciser à quel moment l’outil attribue ce numéro et qui peut reprendre une facture rejetée avant émission. L’objectif : éviter que brouillons, tests et factures réelles passent par la même étape sans distinction.

La validation doit aussi porter sur les informations de transmission. Vérifiez l’entité juridique du client, l’adresse de facturation électronique attendue et, lorsqu’elle est disponible dans l’annuaire, la plateforme utilisée [2]. Pour Chorus Pro, récupérez les références demandées par l’entité publique avant le dépôt.

💡Le bon verrou

Attribuez clairement la responsabilité des données commerciales, de la TVA et de l’envoi. Même si une seule personne assure les trois, le circuit reste beaucoup plus facile à suivre.

Une fois ces contrôles terminés, la facture peut passer du statut de brouillon à celui de document prêt à être émis. Si une correction est nécessaire, elle revient à la personne responsable du contrôle concerné et doit laisser une trace.

Étape 5 : choisir le format, l’outil et le bon circuit de transmission

La réforme prévoit des formats structurés comme UBL ou CII, ainsi que des formats mixtes qui associent des données structurées à une version lisible de la facture [1]. Un PDF classique ou une facture scannée envoyée par email ne suffit donc pas dans le nouveau circuit réglementaire [1]. Vérifiez précisément le format produit par votre outil et la manière dont il se connecte à une plateforme agréée.

Créer, émettre et transmettre une facture sont trois étapes différentes. Le tableau ci-dessous permet de savoir ce qui doit être contrôlé à chacune d’elles.

ActionCe qu’il faut faireQui peut s’en chargerTrace à conserver
CréerRassembler les données, saisir les lignes, ajouter les mentions nécessaires et calculer les totauxAdministration des ventes ou comptabilitéBrouillon relu et pièces de vente vérifiées
ÉmettreValider le contenu, attribuer le numéro de facture et générer le format prévuComptabilité ou responsable habilitéVersion définitive et validation tracée
TransmettreEnvoyer la facture par le circuit applicable et suivre son traitementComptabilité, plateforme agréée ou solution compatible raccordéeAccusé, statut de traitement ou anomalie visible dans l’outil

Une plateforme agréée assure l’émission, la transmission et la réception des factures, ainsi que l’envoi à l’administration des données prévues par le dispositif. Vous pouvez continuer à travailler dans une solution compatible si celle-ci est raccordée à une plateforme agréée [2] [4]. Vérifiez l’immatriculation de la plateforme ou le raccordement de votre solution à partir des services officiels, puis testez les principaux flux de votre entreprise.

Pour un client public, le dépôt et le suivi se font dans Chorus Pro. Pour un client professionnel français assujetti à la TVA, vérifiez le circuit B2B et l’adressage dans l’annuaire. Pour un particulier ou un client étranger, paramétrez la transmission des données correspondant au type d’opération.

Votre entreprise reçoit également des documents : factures fournisseurs, justificatifs de dépenses et notes de frais. Là aussi, la traçabilité est essentielle, même si les contrôles à effectuer ne sont pas les mêmes que pour une facture client.

Un circuit bien défini pour les factures fournisseurs et les justificatifs simplifie leur rapprochement, leur validation et leur conservation.

 

Pour vos factures clients, choisissez donc une solution capable de gérer vos cas réels, vos volumes, vos règles de validation et le niveau de suivi dont l’équipe a besoin.

Étape 6 : émettre puis transmettre la facture

Juste avant l’émission, ouvrez la version qui sera réellement envoyée et comparez-la au dossier de vente. Nom du client, numéro de commande, période, lignes, montants, échéance : tout doit correspondre à ce qui a été validé. Vous pouvez ensuite générer le format prévu par votre outil.

La facture est ensuite transmise depuis la plateforme agréée ou depuis la solution compatible qui y est raccordée. La plateforme effectue les contrôles qui relèvent de son rôle, achemine la facture et transmet les données prévues à l’administration [4]. Conservez le retour fourni par l’outil : prise en charge du dépôt, statut de traitement ou anomalie.

L’envoi n’est donc pas la dernière étape : il faut encore vérifier ce qu’il s’est passé. Si l’outil signale un problème d’identification, de format ou de données, la facture doit être corrigée selon la procédure prévue. Confiez ce suivi à une personne identifiée et fixez un délai interne, en particulier lorsque le paiement dépend de la bonne réception de la facture.

Étape 7 : effectuer les derniers contrôles avant et après la transmission

Vous pouvez regrouper les derniers contrôles dans une seule grille. Au démarrage, utilisez-la pour chaque facture ; une fois vos données et automatisations fiabilisées, vous pourrez adapter la fréquence des vérifications.

MomentCe qu’il faut contrôlerQui associer au contrôleTrace à conserver
Avant saisieClient, pays, TVA, type d’opération et circuit identifiésComptabilité ou expert-comptable pour les questions fiscalesRègle de gestion ou résultat du diagnostic
Avant saisieCommande, contrat, preuve de livraison ou de prestation disponiblesCommercial, chef de projet ou administration des ventesPièce source validée
Avant validationIdentités, mentions, lignes, TVA, totaux et paiement vérifiésComptabilitéBrouillon contrôlé
Avant émissionNuméro attribué dans la bonne séquence et version définitive figéeResponsable habilitéValidation datée
Avant transmissionFormat, plateforme, adressage et référence client vérifiésRéférent outil ou comptabilitéParamètres de transmission
Après transmissionRetour de la plateforme vérifiéComptabilitéAccusé ou statut
En cas d'anomalieAnomalie attribuée au bon interlocuteur et correction suivieRéférent données client, comptabilité ou support de l’outil selon la causeHistorique de correction
Après traitementFacture et preuves de transmission classéesComptabilité ou responsable de l'archivageDossier d'archive

Les factures émises ou reçues doivent être conservées pendant dix ans en tant que pièces comptables [3]. Faites également valider votre dispositif d’archivage, les droits d’accès et les sauvegardes par les personnes responsables de la comptabilité et du système d’information.

Pour tester concrètement votre procédure, prenez une facture récente et refaites tout le parcours avec les personnes concernées. Chaque hésitation mettra en évidence un point à clarifier : une règle à formaliser, une donnée à fiabiliser ou une responsabilité à attribuer avant les prochains envois.

Vos questions sur la facture électronique

Un PDF envoyé par email est-il conforme au nouveau dispositif de facturation électronique ? 

Non, pas s’il s’agit d’un PDF classique. Le nouveau dispositif impose un format qui contient des données structurées et transite par une plateforme agréée [1]. Un format mixte peut bien comporter une version lisible de la facture, mais il doit aussi intégrer les données structurées attendues.

Faut-il changer de logiciel si l’entreprise utilise déjà un outil de facturation ? 

Pas forcément. Demandez d’abord à l’éditeur quels formats son outil produit et à quelle plateforme agréée il se raccorde. Une solution compatible peut continuer à servir d’interface de travail si elle transmet les factures par l’intermédiaire d’une plateforme agréée [2] [4].

À partir de quand une PME doit-elle passer à la facturation électronique ? 

Une PME doit être en mesure de recevoir des factures électroniques à partir du 1er septembre 2026. Pour les opérations concernées, l’obligation d’émission s’applique à partir du 1er septembre 2027 [1] [2]. Vérifiez toutefois la catégorie de l’entreprise et le type d’opération avant d’appliquer ce calendrier.

Comment facturer un particulier ou un client étranger ? 

Ces opérations relèvent notamment de l’e-reporting, avec des données à transmettre à l’administration selon la situation [1]. Identifiez précisément le client, son pays, la nature de l’opération et le régime de TVA applicable avec votre expert-comptable ou votre conseil fiscal.

Comment facturer une entité publique ? 

Les fournisseurs des entités publiques passent par Chorus Pro pour déposer ou saisir leurs factures et suivre leur traitement. Avant le dépôt, récupérez la référence d’engagement et le service destinataire demandés par l’entité.

Qui doit valider une facture électronique dans l’entreprise ? 

La validation doit être répartie selon les responsabilités de chacun. L’équipe commerciale ou opérationnelle confirme la vente, la comptabilité vérifie les mentions et les montants, un responsable habilité autorise l’émission, puis le référent outil ou la comptabilité suit la transmission. L’expert-comptable ou le conseil fiscal intervient pour les situations particulières.

Sources

  1. DGFiP - Découvrir la facturation électronique
  2. Service Public Entreprendre - Se préparer à la facturation électronique
  3. Ministère de l'Économie - Mentions obligatoires d'une facture
  4. DGFiP - Plateformes agréées

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